La Brasserie Georges : histoire, carte, ambiance et pourquoi cette institution près de perrache est incontournable

La Brasserie Georges : histoire, carte, ambiance et pourquoi cette institution près de perrache est incontournable

Une légende brassée depuis 1836

À Lyon, certains lieux dépassent le simple cadre du restaurant. Ils deviennent des repères, des rituels, presque des passages obligés – surtout quand on arrive ou qu’on repart par la gare de Perrache. La Brasserie Georges fait partie de ces institutions dont on murmure le nom avec un mélange de respect et de gourmandise.

Fondée en 1836 par un certain Georges Hoffherr, brasseur originaire d’Alsace, la maison est d’abord pensée comme une grande halle à bière, à deux pas de ce qui deviendra plus tard la gare de Perrache. À l’époque, le quartier est encore un faubourg en devenir, un peu en marge du centre de Lyon. Mais déjà, la Brasserie Georges attire les voyageurs, les commerçants, les ouvriers… et toutes celles et ceux qui ont faim, soif et envie de bruit de verres qui s’entrechoquent.

Ce qui frappe, quand on se penche sur l’histoire du lieu, c’est sa capacité à traverser les époques sans perdre son âme. La brasserie a vu défiler les diligences, l’arrivée du chemin de fer, les grandes heures des soyeux, les décennies de transformations urbaines, puis la renaissance du quartier Perrache et de la Presqu’île sud. Elle a survécu aux guerres, aux crises, aux effets de mode gastronomiques. Elle est restée, massive, éclatante, un peu théâtrale, comme un paquebot art déco amarré au sud de Lyon.

On raconte – et les serveurs aiment entretenir la légende – que Victor Hugo, Émile Zola, Edith Piaf, Django Reinhardt ou encore Brigitte Bardot y auraient pris place. Vrai, exagéré, enjolivé ? Peu importe, au fond. Quand on s’assoit à une table de la Brasserie Georges, on a surtout le sentiment de prendre part à un récit plus vaste que son simple dîner.

Une salle monumentale qui donne le ton

Le premier choc, à la Brasserie Georges, n’est pas dans l’assiette, mais dans la salle. Poussez la lourde porte, et vous vous retrouvez dans un décor XXL : plafond vertigineux, piliers massifs, luminaires art déco, banquettes rouges, nappes immaculées… Tout ici semble pensé pour accueillir une foule joyeuse.

La salle peut contenir plusieurs centaines de couverts. Et pourtant, on ne s’y sent pas écrasé, mais porté par une énergie collective très particulière. On est loin du petit bistrot intimiste : ici, ça vit, ça parle fort, ça trinque. Les familles se mêlent aux touristes, les habitués croisent les groupes d’amis, et les serveurs, en gilets noirs et longs tabliers blancs, filent d’une table à l’autre dans une chorégraphie bien rodée.

Le moment préféré de beaucoup de clients ? Quand l’horloge sonne pile. Les lumières baissent, quelques notes de musique résonnent, et un joyeux “Happy Birthday” surgit de nulle part. Des gâteaux traversent la salle, parfois avec des cierges qui crépitent. Ce n’est jamais vraiment discret, toujours un peu kitsch, et totalement assumé. C’est aussi ça, la Brasserie Georges : un côté cabaret populaire où l’on mange, boit et fête.

Pour les amateurs d’architecture et d’histoire, le bâtiment lui-même vaut le détour. La façade sobre cache une structure étonnante, avec de larges portées qui permettent cette gigantesque salle sans colonnes envahissantes. À certains endroits, on devine encore les traces de l’ancienne brasserie, les cuves, les mécanismes. Comme si le passé industriel se glissait encore entre les tables.

Une carte à l’accent lyonnais, mais pas seulement

Entrons dans le vif du sujet : que mange-t-on à la Brasserie Georges ? Si vous espérez trouver ici une cuisine moléculaire minimaliste, vous vous êtes trompé d’adresse. La maison joue la carte de la brasserie dans ce qu’elle a de plus généreux : plats copieux, sauces bien travaillées, recettes classiques, et un bel hommage à la tradition lyonnaise.

Parmi les incontournables :

  • Les spécialités lyonnaises : andouillette, quenelle de brochet sauce Nantua, tablier de sapeur, salade lyonnaise… Les amateurs de vraie cuisine de bouchon, dans une version brasserie, seront comblés.
  • Les mets canailles : choucroute (héritage alsacien oblige), jarret de porc, saucisses variées, pièces de bœuf roboratives. L’hiver, c’est un bonheur régressif.
  • Les poissons et fruits de mer : plateau de fruits de mer, saumon, sole meunière… De quoi contenter les palais moins carnivores.
  • Les desserts à l’ancienne : omelette norvégienne flambée devant vous, profiteroles, île flottante, tartes de saison… On est dans le registre du spectacle gourmand.

La carte n’est pas figée dans le marbre, mais les grands classiques restent. C’est d’ailleurs une des forces de la maison : on sait ce qu’on va y trouver, on y revient pour retrouver un plat précis, une saveur de “déjà-vu” qui rassure.

Côté tarifs, la gamme est large. On peut s’en tirer correctement avec un plat unique bien choisi, ou composer un repas plus ambitieux avec entrée, plat, dessert et vin. La Brasserie Georges n’est pas un “petit resto de quartier” bon marché, mais elle reste accessible pour une institution de cette taille, surtout au regard des portions servies.

Une vraie brasserie… qui brasse sa propre bière

Impossible de parler de la Brasserie Georges sans évoquer ce qui fait son ADN : la bière. Ici, on ne se contente pas de servir quelques références en pression. On brasse à la maison, dans la droite lignée de la vocation originelle du lieu.

Vous trouverez plusieurs bières “maison”, souvent déclinées selon les saisons : blonde, ambrée, blanche, parfois des éditions spéciales. Servies en grandes chopes, elles accompagnent à merveille les plats copieux et les assiettes canailles de la carte.

Pour les amateurs, il peut être intéressant de :

  • Commencer par une dégustation de bière maison avant de passer à table, au bar ou directement à sa table.
  • Tester les accords entre choucroute ou plats alsaciens et les bières brassées sur place.
  • Demander quelques explications aux serveurs : certains connaissent bien les caractéristiques de chaque cuvée et se feront un plaisir de conseiller.

Évidemment, la carte des vins n’est pas en reste – nous sommes à Lyon, au cœur d’une région viticole. Les crus du Beaujolais, du Mâconnais, des Côtes du Rhône répondent présent, avec des options au verre et en bouteille.

Ambiance : entre théâtre populaire et rituel lyonnais

La Brasserie Georges, ce n’est pas seulement ce qu’on a dans l’assiette ou dans le verre, c’est surtout une atmosphère. Un mélange de bruit maîtrisé, de cliquetis de couverts, de nappes qu’on remet en place à toute vitesse entre deux services, de serveurs qui mémorisent votre commande sans la noter (ou en donnent l’impression, ce qui revient presque au même).

Il y a quelque chose de profondément rassurant à voir cette mécanique bien huilée. On sait que la salle est immense, que la rotation des tables est importante, et pourtant on ne se sent pas expédié. Certes, les soirs de forte affluence, le service peut être un peu plus rapide, mais il reste étonnamment efficace et cordial.

Si vous aimez observer les gens, c’est un terrain de jeu fascinant :

  • La grande tablée familiale où trois générations partagent une choucroute.
  • Le couple de touristes japonais qui mitraille la salle de photos avant même de regarder la carte.
  • Le duo d’hommes d’affaires en costume sombre, visiblement habitués, qui commandent leur plat sans même ouvrir le menu.
  • Les touristes fraîchement arrivés de Perrache, valise encore à côté de la table, qui découvrent la gastronomie lyonnaise dans ce décor spectaculaire.

On sort de là souvent un peu repu, parfois avec un léger bourdonnement aux oreilles, mais avec la sensation d’avoir vécu une expérience collective. On a partagé, l’espace d’un repas, un morceau de la vie lyonnaise.

Pourquoi cette institution près de Perrache est incontournable

La situation de la Brasserie Georges n’est pas un détail : lovée à quelques dizaines de mètres de la gare de Perrache, elle joue un rôle bien particulier dans la cartographie sentimentale de Lyon.

Pour beaucoup de Lyonnais, c’est :

  • Le restaurant où l’on emmène de la famille de passage pour leur montrer “un vrai morceau de Lyon”.
  • Le rendez-vous traditionnel de retour de vacances, histoire de clore un voyage avec un bon plat bien lyonnais.
  • Le lieu des grandes occasions : anniversaires, repas d’entreprise, retrouvailles d’anciens camarades.

Pour le voyageur, c’est tout simplement une porte d’entrée idéale sur la ville. Imaginez : vous descendez du train, quelques minutes de marche plus tard, vous êtes assis dans une salle chargée d’histoire, en train de déguster une quenelle de brochet ou une choucroute maison. Difficile de faire plus immédiat comme immersion.

La proximité avec Perrache en fait aussi un repère pratique :

  • Avant de prendre un train en soirée, on peut y dîner sans être trop loin du quai.
  • En arrivant à Lyon en fin de journée, c’est un excellent premier contact avec la gastronomie locale.
  • Pour ceux qui logent dans le quartier (hôtels autour de Perrache et de la Presqu’île sud), c’est une adresse à garder en haut de la liste.

On pourrait dire qu’il existe de très bons restaurants plus confidentiels, des bouchons plus typiques, des tables plus créatives. C’est vrai. Mais la Brasserie Georges ne joue pas dans la même catégorie. C’est une expérience totale : historique, architecturale, gastronomique et sociale.

Conseils pratiques pour profiter pleinement de la Brasserie Georges

Pour éviter les petites déconvenues, quelques conseils peuvent faire la différence entre un simple repas et un vrai moment réussi.

Réserver ou pas ?

La salle est immense, mais la demande l’est tout autant, surtout :

  • Les vendredis et samedis soirs.
  • Les veilles de jours fériés.
  • Les week-ends de grands événements à Lyon (Fête des Lumières, matchs, salons…).

Réserver est vivement conseillé aux heures de pointe. En semaine, à midi, on peut parfois tenter sa chance sans réservation, mais mieux vaut anticiper si vous avez un horaire de train à respecter.

Quand y aller ?

  • Le midi : ambiance un peu plus calme, clientèle mêlant locaux et gens de passage, menus souvent intéressants.
  • Le soir : la salle prend toute sa dimension théâtrale, avec davantage d’animations (anniversaires, grandes tablées).
  • En hiver : les plats roboratifs comme la choucroute ou les quenelles prennent tout leur sens.
  • En été : même si la salle est intérieure, la fraîcheur du lieu et l’ambiance animée contrastent agréablement avec la chaleur de la ville.

Que choisir si c’est votre première fois ?

Pour une première découverte, une combinaison possible :

  • En entrée : une salade lyonnaise ou un hareng-pommes à l’huile pour rester dans l’esprit brasserie.
  • En plat : une quenelle de brochet sauce Nantua, une andouillette, une choucroute ou un plat du jour bien canaille.
  • En dessert : l’omelette norvégienne si vous êtes au moins deux (et que vous aimez le spectacle), ou une île flottante pour la touche régressive.
  • À boire : une bière maison pour commencer, puis un verre de Beaujolais ou de Côtes du Rhône selon votre plat.

Budget à prévoir

Les prix peuvent évoluer, mais en règle générale :

  • Un plat seul se situe dans une fourchette raisonnable pour une grande brasserie de ce standing.
  • Un menu complet avec entrée, plat, dessert et boisson représentera un budget moyen à confortable, selon les choix (fruits de mer, viande maturée, grands crus, etc.).

Pour un voyageur, c’est souvent le budget d’un “bon repas marquant” plus que celui d’un simple dîner ordinaire, mais le rapport quantité/ambiance/prix reste intéressant.

Un passage recommandé pour découvrir Lyon autrement

Visiter Lyon sans goûter sa gastronomie, c’est passer à côté de la moitié de ce qui fait battre le cœur de la ville. Les bouchons, les marchés, les tables contemporaines jouent évidemment un rôle clé. Mais la Brasserie Georges offre une autre porte d’entrée : celle de la grande brasserie historique, populaire sans être banale, théâtrale sans être snob.

Ce n’est pas un lieu où l’on vient chercher l’ultime expérience gastronomique ultra-créative. C’est un endroit où l’on vient :

  • Manger copieusement, avec des saveurs classiques bien exécutées.
  • Plonger dans une salle monumentale à l’atmosphère unique.
  • Sentir battre un certain esprit lyonnais : gourmand, chaleureux, légèrement exubérant.
  • Faire partie, le temps d’un repas, d’une histoire qui s’écrit depuis près de deux siècles.

Alors, la prochaine fois que vous arriverez à Perrache, valise à la main, demandez-vous : et si vous commenciez votre séjour lyonnais par une halte à la Brasserie Georges ? Ou, si vous repartez, et si vous faisiez de ce repas votre dernier souvenir gustatif de la ville ? Dans les deux cas, il y a de grandes chances que vous pensiez à ce paquebot de lumière, à ses serveurs pressés et à ses assiettes gargantuesques longtemps après avoir quitté Lyon.